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Au-delà du Constructivisme

Il y a un siècle, le constructivisme a instauré un nouveau paradigme pour l’art : il devait se concentrer sur des concepts rationnels et des règles formalisées, éliminer toute intention ou décision esthétique de l’artiste, utiliser des matériaux industriels, des formes géométriques simples, peu de couleurs, s’aligner sur la vie moderne et la technologie… et soutenir l’idéologie politique, le communisme en Russie, où le constructivisme est né après la révolution d’Octobre de 1917.

En Europe, le mouvement De Stijl fondé par Theo Van Doesbourg en Hollande (1917) puis le Bauhaus fondé par Walter Gropius en Allemagne (1919) ont d’abord développé cette approche révolutionnaire transdisciplinaire et produit des œuvres d’art dans de nombreux domaines : peinture, sculpture, photographie, architecture, danse et musique. Ils ont également théorisé sur les processus de production ainsi que sur les rapports artiste-spectateur-marché.

Au-delà de l’utopie sociale et politique du constructivisme, cette nouvelle vision s’est répandue dans le monde entier et a toujours une influence majeure sur la pratique de l’art concret : elle a donné naissance à différents mouvements artistiques où l’on peut voir des déclarations fondamentales de simplicité et de rationalisation : l’art systématique, le minimalisme, l’art concret, l’abstraction géométrique, l’art conceptuel… pour n’en nommer que quelques-uns.

En 1969, j’ai rencontré François Morellet, l’un des acteurs majeurs de l’abstraction géométrique et précurseur du minimalisme ayant libéré de nouvelles directions créatives au-delà des barrières et contraintes du constructivisme tout en restant fidèle à ses fondations initiales : j’ai été influencé par sa vision et sa pratique dans lesquelles tout l’esprit de Dada, l’ironie, l’humour et la dérision se combinent avec la rigueur des systèmes et de leurs règles.

François Morellet Studio, juillet 2011